24.06.2009

VISITE A L'ECOLE DE NOS TOUS DÉBUTS

Nous sommes arrivés à Koupéla dans la province de Kouritenga, le vendredi 29 mai, accompagnés d'Antoine Onadja Maldia, Coordonnateur des centres d'alphabétisation.
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C'est notre ami fidèle, Paul Silga, bien connu des lecteurs de Marianne, qui a parcouru 30 km en mobylette pour venir nous saluer dès notre arrivée à Koupéla. Avant de partir en brousse pour Dapelgo, nous avons pris le temps d'échanger autour de rafraîchissements bienvenus par des températures supérieures à 40°. Des liens d'amitié entre Antoine et Paul se sont noués spontanément. Nous attendons beaucoup des futures rencontres prévues entre ces jeunes profondément impliqués dans l'avenir de leur pays. Ils sont remarquables d'idéaux, de courage et d'intelligence mis au service du bien commun.

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Chaque année, c'est avec une certaine émotion que nous revoyons l'école du village. Pour les nouveaux lecteurs du blog, l'école de Dapelgo a reçu nos premières aides informelles dès 2004. L'association ZÓODO n'avait pas encore d'existence officielle.

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Le début de l'année scolaire 2008-2009 a été perturbé par le départ de Paul Silga désormais instituteur dans le village de Zaka situé à une dizaine de kilomètres de Dapelgo. La volonté des familles qui se sont rendues massivement à l'académie n'a pas eu raison des stratégies qui organisaient une mutation disciplinaire motivée par des enjeux de pouvoir.
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Individuellement, chaque Burkinabé rêve de "gagner" l'amitié d'un Français et chaque village cherche à s'attirer la sympathie et les subsides d'une association européenne. C'est la rançon de leur extrême pauvreté et nous ne leur en voulons pas.  Ces facteurs parasites sont contraignants : nous ne pourrions pas nous passer d'aller chaque année sur le terrain et de gérer chaque dossier au plus près et sans naïveté.
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Paul Silga nous a néanmoins accompagnés jusqu'à l'école de Dapelgo pour que le contact et le travail avec le nouveau directeur de l'école Sylvain Kaboré débutent sans retard et dans de bonnes conditions. Les enseignants ont en commun cet amour du travail bien fait qui nous touche.
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Nos premiers échanges nous permettent d'envisager sereinement un partenariat avec Sylvain Kaboré dans l'intérêt de l'école, de ses élèves et en particulier des jeunes orphelins que certains de vous ont parrainés en septembre 2008.

Dans son dernier message reçu samedi 20 juin Sylvain nous apprend :"J'ai le plaisir de vous informer que les élèves de Dapelgo candidats à l'examen du Certificat d'Etudes Primaire ont tous été admis (100%) au cours de cette année scolaire 2008/2009. Nous voulons partager cette joie avec vous et vous dire merci pour les divers soutiens que vous nous avez accordé et qui ont concouru à l'obtention d'un tel résultat."

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Peu d'enfants ont la chance de poursuivre leur scolarité au collège.

C'est acquis pour le jeune Haruna, grâce au soutien financier d'un parrainage trouvé au sein de l'association. Il va commencer ses années de collège, en sautant deux ou trois classes, les enseignants se penchent sur son avenir prometteur...
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Et puis des enfants qui seraient déscolarisés sans leurs parrains ou marraines de l'association. Les familles  de ce village peinent à envoyer les enfants à l'école. La mort de leur père prive souvent ces enfants d'avenir.
Pascaline, élève de CE2
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Germaine, élève de CM1
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Abel, élève de CM2
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Martial, élève de CM2
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Pierre, élève de CE 2
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Nous comptons bien poursuivre nos efforts envers ces enfants. Rendez-vous fin août /début septembre, pour préparer leur rentrée !

17.06.2009

ALPHABÉTISATION EN PAYS GOURMANTCHÉ

Avec leurs bicyclettes, ils parcourent quotidiennement plusieurs dizaines de kilomètres de routes peu pratiquables, pour dispenser leur savoir aux habitants des petits villages de brousse qui en font la demande. Telle est la mission quotidienne de Ousmane Sanga et Michel Dabilgou. Avoir un salaire pour ce travail constitue une nouveauté pour eux.
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Ousmane alphabétise les villages de brousse du pays gourmantché depuis de nombreuses années. Il est devenu formateur des enseignants en gourmantchéma. Michel Dabilgou est un de ses élèves.
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Dans les villages de brousse, les habitants logent tous dans les huttes tradtionnelles. Michel et sa famille remplacent la paille de mil des huttes de leur concession.

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Pour l'alphabétisation, Michel Dabilgou construit lui-même des locaux durables, aidé par quelques villageois : difficile de trouver plus motivé, n'est-ce pas ?

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En attendant, le nouveau "Hangar du Savoir "du village de Gomoré reçoit 30 élèves. En "période d'hivernage" les pluies diluviennes et les chemins détrempés limitent les déplacements des personnes mais les villageois s'inscrivent nombreux pour la rentrée d'octobre.
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Le modèle andragogique -science de l'enseignement au bénéfice des adultes- du centre "Bangr Zaandé" de Zongo guide le travail de notre équipe gourmantché. Michel Dabilgou a effectué un stage dans le centre de Zongo.

Hélène Dabilgou s'occupera de l'atelier de production de savon et du développement d'activités génératrices de revenus complémentaires pour les familles. Partout au Burkina Faso, les gens sont contraints de travailler à la survie quotidienne de leurs familles : prendre des cours d'alphabétisation représente un luxe et nous destinons notre aide aux plus démunis.
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13.06.2009

HISTOIRE DES QUATRE AMIS DE BOBO DIOULASSO ET DU BURKINATOLOGUE

"Bienvenue Zóodo et CBZ Centre Bangr Zaandé au Centre Lonni Suma (CLS) : Vous êtes ici chez vous dans la belle ville de Sya (ancien nom de Bobo Dioulasso)."
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Au cours des présentations, nous nous apercevons que nous payons Jérôme et Agnès mais qu'en fait quatre personnes travaillent avec enthousiasme sur le site. Aboubacar et Roland ont toute leur place dans les projets d'alphabétisation, les projets culturels, artisanaux et touristiques du centre que Jérôme ne tarde pas à nous exposer avec sérieux et compétence.

Nous acceptons le projet et ses quatre acteurs. Ils nous offrent une belle démonstration d'amitié car Antoine, le Coordonnateur (à gauche) nous explique que Jérôme et Agnès partagent leurs salaires avec leurs deux amis. Antoine leur a permis de  travailler à quatre au projet du centre et de présenter leur travail "aux Bruel qui doivent trancher"... Ces jeunes nourrissent leurs familles avec l'argent reçu.

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Notre équipe ne travaille pas seule, les jeunes nous expliquent que leurs aînés sont des bibliothèques vivantes et qu'ils se priveraient de ressources inestimables s'ils omettaient de les consulter. Ils ont cherché les conseils avisés de deux personnes réputées pour leur sagesse dans le secteur.
Roland nous explique qu'à notre retour en France, nous n'aurons pas à nous soucier pour la bonne gestion du centre et la fiabilité des projets : les jeunes entre eux peuvent se tromper, faire fausse route ou gaspiller inutilement leur énergie mais leurs aînés qui sont des sages suivent les projets de leur conception à leur mise en oeuvre, c'est un facteur de succès. Ils assistent bénévolement par amour du travail bien fait et du bien commun aux réunions de travail. Les anciens savent  d'expérience quelles dispositions donneront les meilleurs résultats dans le futur et savent reconnaître les idées qui n'aboutiront pas ou seront source de retard et de difficultés.
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Monsieur Aboubacar Bassolé.
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Henri Bosco Bayo, burkinatologue, spécialiste de la psychologie, de l'histoire, des coutumes, des 66 peuples du Burkina Faso. Il y a bien des égyptologues....

Mais nous revenons à des aspects plus concrets, en poursuivant nos découvertes par la visite guidée des lieux. Nous savons que nous allons apprécier notre séjour à Lonni Suma loin de la vie trépidante de Ouagadougou.
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Agnès est fière de nous faire découvrir la salle de bains de grand luxe pour le Burkina Faso.
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Nous allons acheter des matelas pour pouvoir passer le séjour sur les lieux.
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La visite du terrain derrière la maison nous réserve une nouvelle surprise : l'ancien locataire est parti avec les tôles et les piquets du hangar qui doit accueillir l'alphabétisation et les divers artisans. Les propriétaires âgés n'ont pas fait de recherches ! Voilà 450 € imprévus  à trouver rapidement ! Il faudra attendre les ventes d'artisanat en France lors des marchés et festivals de l'été.... Les élèves des cours d'alphabétisation s'installeront sur la terrasse ou dans le magasin qui donne sur la rue en attendant mieux.

Ces jeunes et leurs projets sont pleins d'espoir pour l'avenir. Nous les avons cotoyés pendant quatre jours et avons pu apprécier leur sérieux et leur motivation profonde. Le centre devrait être en capacité de s'autogérer d'ici un an. Nous sommes déterminés à trouver les moyens financiers pour les aider à avancer sur le terrain et à concrétiser leurs nombreux projets. 

05.06.2009

QUE VOIENT LES YEUX DES ENFANTS DE ZONGO ?

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"Papa et Maman Zongo", comme ils ont choisi de nous appeler, sont arrivés le 14 mai au Centre Bangr Zaandé et les retrouvailles avec les salariés, les élèves et leurs enfants ont été émouvantes.

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Jean-Marc remarque sans tarder, la présence de Boureïma, petit berger qui traîne les séquelles de la polio et survit dans des conditions épouvantables. Il est convenu immédiatement qu'un parrainage s'impose !
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Autre enfant à parrainer, Jacky et Antoine le Coordonnateur du Centre, nous le présentent : Apollinaire petit aveugle de naissance âgé de 3 ans. Présentement, les salariés du centre, hommes et femmes, semblent lui tenir lieu de famille. Cette mission n'est pas de tout repos car Apo est le petit bonhomme le plus turbulent et faiseur de bêtises du quartier. Son admission dans un centre géré par une association pour enfants aveugles est préconisé par le spécialiste du centre hospitalier que nous avons consulté.

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Anne-Marie s'intéresse à la fabrication du savon et fait la connaissance des élèves.
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Les premières infos clés retiennent toute notre attention : les élèves vendent ces savons aux femmes du quartier. Prix unitaire 300 Francs CFA (0,45 €) soit 50 Francs CFA d'économie sur le prix pratiqué en magasin et ce savon est de bien meilleure qualité, apprenons-nous.
Les femmes du quartier les achètent la plupart du temps à crédit et les élèves du centre passent chaque soir chez leurs voisines pour récupérer 25 Francs CFA de créance. La propreté des personnes et de leur linge à crédit .... La survie alimentaire est au rendez-vous dans chaque concession.

Jacky se charge volontiers des tout petits pendant que leurs mères s'affairent. Ah ces Français et les enfants de Zongo !

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Autre production du centre : le koura-koura, mate-faim d'arachides à 25 Francs CFA pièce (0,04€). Accompagné d'eau, il apaise la faim avant le repos nocturne.
En fin de mois, après avoir prélevé les frais de production pour le mois  à venir, les bénéfices des différents ateliers sont partagés entre les participantes.
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Les femmes partent vendre les koura-koura dans Zongo vers 17 h. La faim est omniprésente : nous constatons que les enfants et certaines femmes nettoient le sol des brisures de koura-koura tombées à terre.

A l'heure du départ, les enfants nous raccompagnent dans la gaieté à notre taxi. Quelle reprise de contact !
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