27.02.2009

LA VIE DES FEMMES DANS UN QUARTIER NON LOTI DE OUAGADOUGOU

Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, est une ville de 1 200 000 habitants, en cours d'extension rapide et de développement. Elle attire l'affluence d’hommes et de femmes venus de leurs villages de brousse qui ont soif d’une vie meilleure et de modernité. La commune peine à organiser le développement urbain et les infrastructures de base ne suivent pas l’expansion territoriale de la ville.

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L’arrondissement de Boulmiougou est un des 5 arrondissements composant la commune de Ouagadougou. Il comprend 4 secteurs administratifs et 4 villages : les secteurs 16, 17, 18, 19 et les villages de Boassa, Zagtouli, Sandogo et Zongo où nous sommes implantés. L’arrondissement est situé au sud-ouest de la commune de Ouagadougou. Il n’y pas de voies bitumées dans l’ensemble du secteur 19 et pas de caniveaux. En saison des pluies, beaucoup de concessions sont inondées et des mares plus ou moins importantes se forment sur les voies, réduisant les activités et les déplacements des populations.

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Les plus pauvres des habitants s’installent aux confins de la ville et comme dans leur village natal, construisent eux-mêmes leur nouveau lieu de vie.

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Comme au village, ils assurent leur survie grâce à l’élevage et l’agriculture, ainsi qu’à des activités économiques alléatoires.

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Beaucoup de femmes sont arrivées par le fait du mariage et n’ont aucune éducation citadine. Nous avons essayé de savoir comment elles contribuent à l’éducation de leurs enfants. Comment  se perçoivent-elles et comprennent leur rôle au sein de la famille et de la société urbaine ? Les femmes, malgré leur difficulté d’intégration en milieu urbain, jouent un rôle prépondérant dans la survie de ces familles semi urbaines.

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Les conditions de vie dans certaines zones périphériques de Ouagadougou sont pratiquement similaires à celles de la campagne : pas d’infrastructures d’assainissement, pas d’électricité et difficulté de collecter de l’eau potable.

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En milieu périurbain, les populations sont hétérogènes et proviennent de divers milieux culturels du Burkina Faso. La majorité est d’origine rurale et pour survivre, réutilise ses connaissances et savoir-faire : le petit commerce à partir de la transformation de céréales (arachides, soumbala, beurre de karité), l’agriculture et l’élevage en milieu urbain. L’espace disponible dans les zones non ou nouvellement loties le leur permet. En s’installant, les individus ont la possibilité de devenir propriétaires d’une parcelle de terre et ainsi de commencer à construire leur cadre de vie.

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Les logements ne sont pas adéquats par manque d’équipements essentiels notamment en eau et assainissement, constituant ainsi un manque de bien-être. L’environnement immédiat est insalubre à cause du manque d’aménagement et des dépotoirs d’ordures ménagères, des déchets liquides déversés dans la nature, ce qui compromet gravement la santé générale de ces familles sans revenu régulier.

 

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Les femmes sans éducation scolaire pour la plupart, s’auto emploient dans des activités de vente et de petit commerce, ou pratiquent des activités illégales et dangereuses pour leur santé et l’environnement, comme le tri de graviers et de sable fin pour la revente aux entreprises de construction. Très peu de ces femmes ont eu accès à une éducation scolaire, avant d’arriver au secteur 19. Analphabètes, elles n’ont aucune formation technique ou professionnelle. Elles demeurent assujetties aux pesanteurs socioculturelles qu’elles transmettent elles-mêmes à leurs enfants, particulièrement à leurs filles, car elles restent garantes de certaines traditions, particulièrement dans l’éducation des filles.

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La vie en milieu urbain dont elles ne comprennent pas les normes sociales contribue à accroître leur manque de confiance dans leur propre capacité. L’évolution vers une prise en charge de leur destinée et de celle de leurs enfants est très lente. Elles ont conscience que la vie urbaine a entraîné une réinterprétation à leur détriment des traditions mais elles n’ont aucun moyen de la dénoncer.

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Lors d’un entretien, certaines ont expliqué que si elles n’étaient pas capables de mettre leurs enfants et surtout leurs filles à l’école, leur mari n’en faisait pas une priorité. « Et pourquoi faites-vous alors autant d’enfants ? » « Si on n’en fait pas chaque année, notre mari prendra d’autres femmes ».

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Parmi elles, certaines se cachent de la police pour aller trier le sable dans des ravins causés par les pluies. D’autres vendent quelques tas d’arachides en face de leur concession. Elles ne sont pas assez riches pour louer un étal au marché officiel.

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Elles ont très peu accès aux moyens d’information et de communication qui pourraient contribuer à ouvrir leur vision du monde. Elles se rabattent sur les canaux de communication traditionnels qui sont à leur portée : réunions d’information organisées par les associations, rencontres au marché ou aux points d’eau.

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La culture patriarcale dans laquelle elles baignent est également très restrictive en matière de liberté. La plupart de ces femmes n’est pas autorisée à gagner plus d’argent que leur mari. Elles doivent mener des activités de complément au budget familial. De plus, les hommes conçoivent difficilement que leurs épouses puissent rentrer le soir à la maison après le chef de famille.

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Dans le domaine économique les femmes mènent des activités relativement lucratives seulement par le biais associatif  : transformation et commercialisation des produits de la pêche (fumage, séchage, friture), transformation des fruits et légumes, des céréales et produits laitiers, etc.…Individuellement, elles n’ont pas accès aux crédits et aux formations. Elles finissent par utiliser la main d’œuvre familiale disponible mais non qualifiée : filles non scolarisées, nièces ou neveux ramenés du village, pour asseoir quelques activités de commerce, en général à côté du domicile ou au marché local.

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La participation à une association reste le moyen pour éviter l’isolement et la pauvreté extrême. La création d’associations devient dans ces milieux urbains précaires, une préoccupation majeure pour attirer le regard extérieur et si possible d’éventuels financements et dons.

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20.02.2009

LES ACTIVITES ARTISANALES DES CENTRES

Nous voulons vous présenter la particularité du centre "Looni Souma" de Bobo Dioulasso, "la ville des Bobos et des Dioulas". Située à l'ouest du pays, Bobo Dioulasso est la deuxième ville du Burkina Faso, elle compte près de 500 000 habitants.
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LA CELEBRE MOSQUEE DE BOBO-DIOULASSO

Nous y avons constitué un pôle artisanal et culturel. Les activités d'alphabétisation ne font que commencer mais depuis quelques mois des artisans s'y sont implantés. Ces activités sont porteuses de vie et d'enthousiasme. Une part raisonnable de leur production artisanale est redonnée au centre qui paie ses frais de fonctionnement et alimentera dès le mois de juin nos stands en artisanat ici. En période d'expansion des centres d'alphabétisation, la diminution des achats d'artisanat pour nos ventes en France sur les marchés et les festivals est une bonne nouvelle : cela nous permettra de réaliser de sérieuses économies converties en moyens supplémentaires sur le terrain.

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12.02.2009

LES ACTIONS D'ALPHABETISATION CONTINUENT...

Fada N’Gourma est la plus grande ville de l’est du Burkina Faso, elle est située à 219 km de Ouagadougou et compte environ 30 000 habitants. Nous ne serons plus en pays mossi mais chez les Gourmantchés. Il s'agit de l'ethnie d'origine du Coordonnateur des centres d'alphabétisation, Antoine Onadja Maldia, jeune sociologue diplômé de l'Université de Ouagadougou. Autre culture, autre langue, autre nom des futurs centres situés dans trois villages de la périphérie de la ville : BANM CKUAGU, ce qui veut dire aussi "hangar du savoir".

Deux enseignants sont recrutés et cinq bénévoles acceptent de patienter quelques mois avant d'être payés à leur tour. Il y a dores et déjà 80 adultes inscrits, avec cette fois-ci et pour changer, une fréquentation masculine correcte. Les trois centres devraient débuter leurs activités avec chacun 30 adultes. Le début des cours est fixé à début avril, et l'inauguration en mai si nos finances personnelles nous permettent de faire face aux frais d'un nouveau voyage, sinon plus tard car l'important est bien que de nouveaux élèves adultes aient accès à l'alphabétisation.


Antoine Onadja Maldia avec les futurs enseignants des centres
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Deux salariés venus de Ouagadougou témoignent de leurs expériences avec leurs futurs collègues.
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Des locaux de fortune à l'image des villages.... Des locaux à l'européenne arriveront peut-être un jour ! Nous commençons par payer les personnels, comme vous le savez déjà sans doute.


"RAPPORT DE MISSION SUR ET AVEC LE TERRAIN EST
(RESEAU BANGR ZANDE)
Rapport de mission de :
Antoine Onadja MALDIA
Coordonnateur National du Réseau
BANGR ZANDE
Centres d’Alphabétisation pour Adultes
Asprod_ecodeveloppement@yahoo.fr
Zoodo_cbz_ecodeveloppement@yahoo.fr
Tél. (00226) 70 79 41 26 / 75 37 62 20
Ma nouvelle mission sur et avec le terrain s’est déroulée du 18 Décembre 2008 au 28 Janvier 2009 pour le compte de ZÓODO, association d’aide aux familles du Burkina Faso dont le siège est Asplos-Gelle 12700 Causse et Diége France.

La mission consistait à capitaliser les expériences en matière de formation, en matière de techniques locales aisément transférables.

J’étais chargé de :
- Etudier les réalités sur et avec le terrain afin d’en préciser l’organisation (statut des élèves, règlement intérieur, projets andragogiques*, outils andragogiques…..)
J’ai dressé une fiche détaillée pour chaque centre et capitalisé les outils et techniques.
- Voir les perspectives nouvelles et les projets pour une promotion d’un enseignement familial plus outillé, plus productif et préservant les valeurs naturelles des sociétés.
J’ai établi une fiche détaillée de chaque centre de projet et des fiches techniques complètes prêtes à l’emploi.
Un peu de patience, vous aurez toutes les fiches.
Antoine Onadja Maldia"

* andragogie : éducation des adultes (Et toc ! nous ne le savions pas non plus !)

02.02.2009

LE POIDS DE LA SURVIE QUOTIDIENNE PLANE TOUJOURS SUR LE VILLAGE DE ZONGO

DE JANVIER 2008
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A  JANVIER 2009
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Soit en un an, nous avons créé et financé avec les 176 adhérents de l'association, un cercle vertueux. Désormais, le village de Zongo possède ce pôle de rayonnement et de progrès qui lui donne sa chance de connaître un développement accessible à l'ensemble des habitants.
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Au mois de mai 2008, la Coordination du Centre d'alphabétisation pour adultes "Bangr Zaandé", nous a demandé les moyens de se doter de matériel de cuisine. Cela nous semblait tout naturel en période de famine et d'émeutes de la faim. A Zongo, cette dotation représente beaucoup car dans le village, à nos yeux d'occidentaux, il n'y avait objectivement rien ! Des gens échoués là sans ressource, ni avenir....

Presque tout reste encore à réaliser ensemble, pour donner à ces villageois des moyens d'existence décents, selon la conception africaine du minimum vital : ils construisent à leur façon et à leur mesure et nous les aidons d'ici ! Telle est notre conception concrète de la solidarité Nord-Sud !

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